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Retour aux fanfictions

Avertissement

Notes du webmaster :

En raison de la présence de descriptions quelque peu violentes, cette histoire est réservée à un public averti.

Merci de noter qu'en dépit de la similarité des prénoms, je n'en suis pas l'auteur ;-). Tout feedback est à envoyer directement à Karyne.

 

LE SHADOW
par Karyne

 

 

 

Chapitre 1

Elle se tenait debout, près de la cheminée, vêtue d'un simple déshabillé vert, tenant dans sa main droite la photo de sa mère et dans sa main gauche, son huitième verre de scotch sans glace. Son regard perdu balaya la totalité de la pièce. Des larmes roulèrent sur ses joues, elle se sentait si seule !

Soudain, elle se dirigea vers le piano, posa la photo sur le socle ainsi que son verre et fit délicatement glisser ses doigts sur les touches. Elle eut un petit sourire, sa mère aimait tant qu'elle interprète le menuet de Bach. Alors, doucement, ses doigts se mirent à virevolter sur les touches et une magnifique mélodie emplie la pièce.


Il la trouva si belle ! Pour la première fois de sa vie, son visage semblait apaisé, elle ne paraissait plus hantée par la mort de sa mère. Durant le court instant que dura cette musique, elle semblait ailleurs dans un monde idéal, où elle n'aurait jamais souffert et lui, retrouvait la jeune fille pleine de vie qu'il avait connue.

Il s'était posté derrière une fenêtre de son salon, caché par les nombreux arbustes et fleurs que contenait le jardin de Parker. A son retour de l'île qui avait eu lieu une semaine auparavant, il avait éprouvé une irrésistible envie d'être auprès d'elle, de la voir. Il savait pertinemment qu'il risquait gros, mais il s'en fichait. Il resta un long moment, bercé par la musique et contemplant la jeune femme. Il composa le numéro de Sydney. Dans la pénombre des fourrés, il lui demanda doucement :

- Pourquoi l'amour est-il toujours si compliqué ?

- Jarod ! Le visage du psychiatre s'illumina lorsqu'il entendit sa voix. Je ne sais pas Jarod, peut-être parce qu'il ne serait pas si passionnant dans le cas contraire.

- Alors vous pensez que c'est ce qui le rend unique ?

- Et toi qu'en penses-tu ?

Sydney l'entendit soupirer dans le combiné.

- L'amour est un sentiment étrange, Sydney. Il peut vous rendre heureux comme vous détruire, vous donnez des ailes et être capable de tout surpasser, comme vous enchaînez et vous asservir. Deux êtres qui s'aiment réellement, de toute leur âme serait capable de donner leur vie l'un pour l'autre... leur liberté.

Un silence s'installa.

- Jarod ? Tu es là ?

Jarod regardait Parker transportée par la musique. Elle semblait avoir quitté ce monde.

- Sydney, ... je suis perdu... pour la première fois de ma vie, je ne sais pas ce que je dois faire, j'ai perdu le contrôle.

- Parle-lui Jarod. Cette femme est la seule à pouvoir t'aider.

- Merci, Sydney.

Il raccrocha. Jarod savait pertinemment que son interlocuteur connaissait l'identité de la femme en question mais, comme à son habitude, ne voulant pas se montrer indiscret, il n'avait pas fait mention de son nom.


Parker venait de terminer son morceau. Elle laissa un moment ses mains posées sur le clavier. Puis, elle fut prise par les larmes. Elle se mit à pleurer comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Elle était triste et surtout en colère. Pourquoi le sort s'acharnait-il contre elle ? Elle avait perdu sa mère, Faith, puis ce fut au tour de Thomas et maintenant son père... Elle se saisit du verre avec violence et le jeta à travers la pièce, puis elle se saisit de la lampe et l'expédia contre le mur. Les magazines volèrent, puis, fatiguée, elle s'assit sur le canapé, ramena ses genoux sous son menton et enfouit sa tête entre ses bras. Et elle pleura toutes les larmes de son corps. Au bout de quelques minutes, elle s'endormit.


Devant cette scène, Jarod eut un pincement au cour, il aurait aimé la consoler, l'empêcher de souffrir... Mais il ne pouvait pas, elle n'aurait pas aimé se montrer en position de faiblesse face à lui. Lorsqu'il vit qu'elle s'était endormie, il pénétra doucement à l'intérieure de la maison. Il la prit dans ses bras, en prenant soin de ne pas la réveiller et l'amena jusque dans sa chambre. Il l'allongea sur le lit et la recouvrit de ses draps. Dans un demi-sommeil, elle entrouvrit les yeux et sourit à Jarod.

- Bonne nuit Jarod. Murmura-t-elle.

- Bonne nuit Parker.

Puis, il quitta la maison, aussi doucement qu'il était entré.

 

Chapitre 2

Jarod entra dans son appartement. Il s'agissait d'un modeste trois pièces, peu meublé mais tout de même avec un certain charme. Il posa ses clés sur la table basse du salon sur laquelle traînait une montagne de papier et son ordinateur portable. Il se laissa tomber sur le canapé et se frotta le visage avec ses mains. Comment supporter d'avantage qu'elle souffre à ce point ? Il resta un petit moment les yeux fermés et la tête entre ses mains. Puis il se saisit du carnet rouge situé sur la dite table et se mit à feuilleter certains articles de journaux qu'il contenait :

MEURTRES EN SERIE
" Une jeune femme de trente ans a été retrouvée morte hier soir près de Blue Cove. C'est son fils de 8 ans qui a découvert le corps. Il s'agit de la quatrième victime de celui que l'on nomme désormais le Shadow "

Le second article comportait en parallèle la photo d'un enfant. Un magnifique petit garçon de 8 ans prénommé Simon Garret. Ses yeux semblaient éteints, son visage était fermé, sans aucune expression. L'article s'intitulait :

LE MONDE DE SIMON
" Depuis l'assassinat de sa mère, le jeune Simon Garret s'est enfermé dans un monde à part. Les médecins parlent de retrait autistique consécutif au traumatisme. C'est dans la solitude la plus totale que Simon lutte pour survivre "

Jarod contempla la photo une dernière fois se laissant imprégné par l'expression de son visage. Puis, il se saisit de son ordinateur portable et se mit à visionner un DSA. Cette scène, il se la rappelait parfaitement. Catherine Parker marche puis se retourne. Elle crie " non !! ". Deux coups de feu retentissent. Elle s'effondre. Le silence. Puis à nouveau des cris, ceux d'une petite fille.

" Maman ! Non maman ! " Mademoiselle Parker accourt, elle tente de se dégager des bras du nettoyeur qui la retient. Elle pleure. " maman ! Non !! ".

Jarod arrête l'image sur le visage de Parker. Elle est en larmes, une expression d'anéantissement sur son visage. Pour elle, le monde s'est arrêté de tourner. Son regard ! Elle a les mêmes yeux que Simon. Jarod se saisit à nouveau de la photo de Simon.

- Je trouverai celui qui a fait ça Simon. Je te le promets.

Il referma le carnet après avoir pris soin d'y replacer les articles et se dirigea vers la chambre à coucher. Il avait lui aussi besoin de repos. La journée allait être longue.

 

Chapitre 3

Jarod arriva devant le bureau fédéral d'investigation. Il stoppa devant le bâtiment et leva la tête afin de contempler sa hauteur. Puis il pénétra à l'intérieur, un attaché case à la main. Il portait un costume sombre et des lunettes de soleil. Il présenta son badge à l'homme chargé de la sécurité.

- Bonne journée Agent Baxter. Lui dit celui-ci.

- Merci vous aussi. Rétorqua Jarod.

Il se dirigea vers les ascenseurs et monta jusqu'au 5° étage. Il se dirigea ensuite vers le bureau de l'Agent Rowlings. Il s'agissait d'une femme rousse, de taille moyenne avec de magnifiques yeux verts. Elle devait avoir à peine vingt-cinq ans et, à voir son parcours professionnel et le nombre d'arrestation qui lui était due, on pouvait imaginer qu'elle avait commencé sa carrière le jour de sa naissance. Jarod arriva devant la porte de son bureau et frappa.

- Entrez !

- Agent Rowlings ?

- Oui.

- Bonjour, je suis l'agent Jarod Baxter, le bureau de Washington m'envoie pour vous aider sur l'affaire du Shadow.

- Ah oui, vous êtes le profiler qu'ils nous promettent depuis déjà une semaine c'est ça ?

- Je crains que oui.

- Bien... Bienvenu parmi nous Agent Baxter. Elle lui tendit la main.

- Jarod.

Il prit sa main. Il remarqua que sa poignée de main était franche sèche laissant entrevoir la détermination de la jeune femme.

- Très bien Jarod. Alors appelez-moi Ana vous voulez ?

Jarod avait eu une très bonne impression d'Ana. C'était une jeune femme chaleureuse, déterminée, excellente dans son travail et excessivement drôle. Elle lui fit faire le tour du propriétaire et lui désigna son bureau.

- Voilà c'est ici que vous travaillerez. Voici le double du dossier.

- Je vous remercie Ana.

A cet instant, un homme passa la tête dans l'embrasure de la porte.

- Alors voilà l'agent Baxter ? Bonjour je suis l'agent Banks.

- Enchanté mais appelez-moi Jarod.

- Très bien Jarod alors appelez-moi Jude.

- Jude est aussi sur l'affaire Jarod, et d'ailleurs j'ai la désagréable tâche d'être sa coéquipière.

- Arrête Ana, tu sais très bien que tu m'adores, tu ne trompes personne.

Il posa son bras autour de ses épaules et il la regarda avec des yeux de chien battu. Ana se mit à sourire.

- Ok d'accord j'avoue.

- Alléluia elle l'a dit. Jarod vous êtes témoin.

- Tout à fait... Vous avez l'air de très bien vous entendre.

- C'est parce qu'on travaille ensemble depuis maintenant 6 ans et qu'on commence à se connaître par cour. Venait de préciser Ana.

- Et c'est aussi parce qu'on a grandit ensemble, étant tous les deux les enfants de deux ex-agents du FBI. Nos pères étaient partenaires.

- Donc il s'agit d'une vocation génétique on peut dire ?

- On peut dire ça effectivement. Avait ajouté Ana en rigolant.

- Nous allons vous laisser consulter le dossier avant le briefing de 9 heures.

- Vous aurez l'immense honneur de rencontrer L'agent Crane.

 Il venait de prononcer ses mots avec une moue de dégoût. Et ils quittèrent la pièce. Jarod s'installa à son bureau et, bien qu'il ait déjà eu accès au dossier depuis son ordinateur portable, il consulta le document.

 

Chapitre 4

Sydney et Broots étaient dans le bureau de ce dernier et attendaient miss Parker qui se trouvait être en retard de plus d'une demi-heure, ce qui n'était pas du tout de son habitude.


Au même moment, cette dernière se réveillait. Elle s'assit dans son lit et regarda tout autour d'elle les yeux mis-clos cherchant par quel miracle elle avait pu rejoindre son lit hier soir. Elle se frotta légèrement les tempes, (le ou plutôt les verres de scotch avaient eu leur effet) et grimaça de douleur lorsque le téléphone sonna.

- Oh pitié ! Gémit-elle. Pas si fort.

Elle se leva doucement et se dirigea vers le téléphone tout en se tenant la tête. Elle décrocha.

- Quoi ? Dit-elle sèchement.

- Mademoiselle Parker ? C'est vous ?

- Evidemment Broots vous appelez chez moi qui voulez-vous que ce soit. Avait-elle répondu d'un ton las.

- Bien sûr. Je vous appelais pour... savoir où vous étiez... Nous avions rendez-vous à 8heures...

- C'est vrai... J'arrive. Et elle raccrocha.


Elle s'assit sur une chaise du salon et contempla l'état dans lequel elle avait mis son appartement la veille. Puis, résignée, elle s'en alla en direction de la cuisine à la recherche d'un bon café et d'une aspirine. Ceci fait, elle alla prendre une bonne douche, s'habilla et alla rejoindre ses collègues dans ce lieu maudit... le centre.

Elle pénétra dans la voiture et démarra en trombe. Elle ne remarqua pas le van noir, garé à l'angle de la rue. Un homme, au visage plutôt carré portant une barbe de trois jours et coiffé d'une casquette était au volant. Il avait de tous petits yeux bleus cachés derrière une épaisse paire de lunette de soleil. Quelques secondes après qu'elle eut démarré, il tira une dernière fois sur le cigare qu'il avait entre les lèvres, mit le contact et suivit la jeune femme.


Un immense complexe gris, sinistre se pointait à l'horizon. "  Ca y est j'y suis, se dit-elle. Encore un jour dans la maison des horreurs. ". Elle gara sa voiture dans un des parkings du centre et rejoignit le bureau de Broots où ses deux acolytes l'attendaient.

- Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle a dit qu'elle arrivait. Venait de demander Broots.

- Ca y est bozo, je suis là.

- Mademoiselle Parker... Dit-il avec une voix légèrement tremblante. Comment allez-vous ?

- J'ai connu mieux.

- Mademoiselle Parker, vous m'avez l'air éreintée. Etes-vous sûre que ça va ? Venait de questionner le psychiatre.

Elle n'avait pas le cour à déballer toutes ses craintes, ses questions, sa tristesse et tout ce mélange de sentiments qui l'habitait. Elle ne voulait en parler à personne... excepté à la seule personne qui, durant toutes ses années, avait été là dans les moments difficiles. Et bien qu'elle appréciait énormément ses deux amis, seul Jarod était capable de la comprendre et ceci l'énervait au plus haut point. Alors, elle préféra serrer les dents et répondit sèchement :

- N'essayez pas votre stupide psychanalyse sur moi voulez-vous Sydney.

Puis elle fit demi-tourr et se dirigea vers la fenêtre par laquelle elle fit mine de regarder. Un silence s'installa. Puis Broots fit une tentative d'ouverture de dialogue.

- Euh... Mademoiselle Parker... Pour quelles raisons... nous avoir fixer ce rendez-vous ?

Elle ne répondit pas. Ses yeux fixaient un point invisible, un visage lui venait en tête, celui d'un enfant d'une douzaine d'année qu'elle avait admirée en secret puis petit à petit l'adolescent devint un homme, un homme magnifique qu'elle continuait d'admirer et qu'elle... Elle secoua la tête pour effacer cette pensée. Une autre fit bientôt son apparition : un feu de cheminée, du thé, une couverture, Jarod et elle. Elle secoua la tête une seconde fois pour tenter de retrouver ses esprits. C'est alors qu'elle entendit :

- Mademoiselle Parker ? Vous m'entendez ? Demanda Broots.

- Mum ? Répondit-elle. Qu'y a-t-il ?

- Euh... je vous demandais pourquoi vous nous aviez fait venir ?

- Ah oui ! ...Broots, ... vous m'avez bien dit que mon p...que monsieur Parker... ne pouvait pas être mon père car il était stérile.

- C'est  exact.

- Dans ce cas qui est le père de l'enfant de Brigitte?

Broots resta perplexe ainsi que Sydney, qui depuis le début observait avec attention tous les faits et gestes de la jeune femme. Parker s'aperçut du petit manège du psychiatre, et, avant de partir afin d'échapper à son interrogatoire, dit à Broots :

- Faîtes une recherche en paternité. Je veux savoir la vérité. Oh...Et tant que vous y êtes, comparez l'ADN de Brigitte et celui du p'tit.

Et elle quitta la salle.

Elle déambula dans les couloirs du centre et à chaque recoin, des souvenirs lui remontaient en mémoire, des bons, ses courts instants passés avec sa mère ou avec Jarod, et des mauvais, tellement de mauvais. Elle avait vécu tant de chose ici, elle avait tant pleuré. Sa tête commençait à tourner, elle se sentait mal. Elle devait quitter cet endroit. Elle se précipita vers le parking, monta dans sa voiture, mit le contact et démarra en trombe. Elle voulait fuir ce lieu maudit... sa lumière était partie.

 

Non, loin de là, un van roulait derrière Parker.

 

Chapitre 5

Jarod se rendait dans la salle de briefing. Il avait étudié attentivement le dossier du Shadow. Celui-ci venait de faire sa quatrième victime. Un point perturbait Jarod, un élément manquait. Il n'arrivait pas, et ce malgré le temps qu'il avait passé à étudier ses dossiers chez lui avant de se présenter ici, à établir un lien entre les différentes victimes mis à part la violence des crimes. Même les meurtres avaient été commis de façon différente.

La première victime était une jeune fille de 18 ans, étudiante en droit, Suzanna Price. Elle avait été retrouvée morte étranglée, et battue violemment après avoir été violée. Ce fut deux collégiens qui la découvrirent 48 heures après sa disparition, dans un terrain vague situé près de son quartier.

La seconde se prénommait Lydia Cadwell. C'était une femme d'affaire de 40 ans divorcée sans enfants. Le shadow ne l'avait pas violée mais il avait pris un plaisir pervers à la torturer. Son corps comportait des centaines de brûlures, écorchures, coupures et ecchymoses de toutes sortes. On l'avait découverte dans son bureau, nue, assise sur son fauteuil.

La suivante était une jeune fille de 25 ans. Elle était serveuse dans un snack bar. Tout juste mariée, elle vivait dans une petite résidence près de la faculté d'art dramatique où elle prenait des cours de comédie et de réalisation le soir après son travail. Lucie Brown avait été séquestrée durant deux jours dans un bain d'eau glacé les poignets et les chevilles attachés par des liens de corde trop serrés et qui avaient provoqué une ischémie des tissus, c'est à dire un arrêt d'oxygénation des tissus de ses mains et de ses pieds. Lucie était morte noyée.

La dernière victime était Cynthia Garret, la mère de Simon. Il s'agissait d'une infirmière de 30 ans, mariée avec son petit ami depuis le lycée et avec lequel elle avait eu un enfant. Cynthia avait été crucifiée sur une croix de bois et fouettée sur toute sa surface corporelle. Après avoir été violée, le Shadow l'avait poignardée à 12 reprises et l'avait laissée gisant dans son jardin où elle avait été retrouvée au petit matin par son fils Simon.

Jarod serrait les dents. Comment un être humain pouvait-il être capable de telles atrocités ? Cela, il n'arriverait jamais à le comprendre.

Il frappa à la porte. Ana l'accueillit et lui présenta les deux autres membres de l'équipe d'enquête ainsi que le directeur adjoint.

- Jarod, voici l'agent Crane et son coéquipier L'agent Mason. Et voici le directeur adjoint Perkins. Messieurs voici l'agent Baxter de Washington.

- Enchanté messieurs. Venait de dire Jarod en tendant la main à l'agent Crane.

Celui-ci regardait Jarod avec médisance et ne fit aucun geste pour le saluer. L'agent Mason, comme pour pardonner l'attitude de son collègue se saisit de la main de Jarod et le salua d'un sourire.

- Agent Baxter, avez-vous pu établir un profil du shadow ? Venait de demander Perkins.

- Et bien... Oui mais il est malheureusement incomplet. C'est un personnage très atypique.

- Bien, faîtes nous votre présentation.

Jarod s'installa près de l'écran sur lequel étaient projetées des photos des quatre meurtres.

- Pour chacun des meurtres, le shadow a utilisé à chaque fois une méthode différente. Aucun point commun n'a permis de lier les différentes victimes, elles sont d'âge, de milieu socio-culturel et professionnel divers. Les seuls indices qui permettent d'attribuer ces différents meurtres au Shadow sont les messages qu'il nous fait parvenir à chaque fois qu'il kidnappe une femme. Il y a un point qui me perturbe. A chaque fois, la séquestration suit un plan pré-déterminé. Tout d'abord, on le suppose, une filature qui dure quelques jours afin qu'il connaisse les habitudes de chaque victime et ainsi pouvoir l'enlever sans qu'aucun témoin aux alentours ne puisse nous aider à l'identifier. Ensuite, la séquestration dure 48 heures à partir du moment où il nous en informe, pas une heure de plus. Enfin, la victime est laissée dans un endroit proche de son lieu de vie ou de son lieu de travail. Tout ceci révèle une personnalité méthodique, précise, calculatrice et d'une intelligence au-dessus de la moyenne. Il a sûrement préparé ceci depuis des jours et des mois. Ce qui ne colle pas du tout avec la violence des crimes. Ils ont été commis par un esprit torturé, de façon impulsive, bestiale. Il n'obéit qu'à ses pulsions, ses désirs. Il ne fomente aucun plan. Il se laisse guider par ses pulsions. C'est pourquoi je pense pouvoir assurer qu'il s'agit en réalité de deux meurtriers.

Tous les yeux se fixèrent sur lui de façon incrédule. Il poursuivit.

- Nos assassins ont un lien très fort qui les unit. L'un pense, l'autre agit. C'est pour cela qu'ils sont insaisissables. Le premier repère les victimes, élabore le plan de capture et les séquestre. Puis il laisse son compère agir, lui laissant 48 heures pour assouvir ses pulsions tout en lui indiquant par quelle méthode les attaquer, ceci afin de rendre plus difficile le travail des fédéraux. Il est son maître, il lui apprend à développer son agressivité, cet instinct de tueur. C'est comme une relation filiale qui s'est développée. Je pense pouvoir établir le profil de notre shadow fils grâce à sa façon de tuer. C'est un homme discret, bien inséré dans la société, probablement célibataire et sans attache familiale. Ses proches le disent sans histoire, un mec bien, gentil, presque timide. Il travaille probablement dans des bureaux, pas de travaux manuels, il doit être plutôt maladroit, plutôt un travail dans l'informatique ou la comptabilité. Il lui faut un travail net, précis, cadré et les chiffres doivent le rassurer. Il fait son travail mais il passe inaperçu. Il doit être sûrement dirigé par une femme stricte, sévère qu'il le rabaisse continuellement. D'où son désir, de prendre le dessus sur les femmes pour une fois. En ce qui concerne le shadow père, c'est le flou le plus complet. Cet homme est pour le moment un mystère. Il fait tout pour brouiller les pistes...Il a vraiment une intelligence hors du commun.

Ils le regardèrent tous impressionné.

- Bravo Jarod, votre analyse nous donne déjà un début de piste. Venait de dire le directeur adjoint. Crane, vous et Mason allez me détailler tous les comptables et informaticiens des entreprises de la région. Comparez-les au fichier central.

- Ce doit être un homme de race blanche, d'environ trente ans, célibataire. Rajouta Jarod.

- Recherchez une personne qui aurait ce profil et regardez les emplois du temps il a du s'absenter régulièrement de son travail ces temps-ci. Finit Perkins.

- Mais ça va prendre des jours ! Coupa Crane.

Perkins le fusilla du regard. Crane fit demi-tour en serrant les dents et partit avec Mason.

- D'après les différents rapports des experts médico-légaux, le temps entre la mort et  le placement du corps dans son lieu de découverte est d'environ une heure à une heure trente. Ils ont pu le savoir en comparant la quantité d'insectes ou d'asticot présent dans le corps lors de la décomposition et l'heure de la mort...Enfin je dois vous avouer que je n'ai pas tout saisi mais l'important c'est de savoir que les femmes ont toutes été séquestrées quelque part par là.

Il se dirigea vers une carte régionale située sur le mur et désigna un périmètre de 100 Kms autour de la ville.

- Grâce aux échantillons de terre retrouvés sur les corps des victimes on peut supposer qu'elles ont été séquestrées dans une région plutôt argileuse. Compléta Jarod. Puis il fixa la carte. Ce qui réduit les recherches à cet endroit. Il fit un cercle rouge pour délimiter la zone.

Il pointa du doigt un endroit de la carte. Il s'agissait d'une région montagneuse large d'une soixantaine de kilomètre excessivement boisée et rocheuse, une planque parfaite. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Bon. Banks, Rowlings, vous et l'agent Baxter allez me rechercher toutes les habitations se trouvant dans ce périmètre.

- Entendu. Répondit Banks.

Et ils quittèrent le bureau.

 

Chapitre 6

Parker roulait maintenant depuis deux heures sans se soucier de la direction. Elle avait emprunté une petite route de campagne quasi déserte, légèrement montagneuse, afin de fuir la froideur de la ville bruyante. Elle avait besoin de se retrouver seule, de laisser ses pensées vagabonder, d'oublier ses soucis, de retrouver un semblant de paix... de changer de vie. Elle aurait adoré changer de vie. Elle se souvint de ses rêves d'enfant, de la façon dont elle concevait sa vie. Elle, grande pianiste, mère de deux beaux enfants, habitant une charmante maison entourée d'une immense étendue de forêt et de rivière sur laquelle elle ferait courir ses chevaux. Elle serait mariée à un homme parfait, beau, intelligent, doux, attentionné... un parfait gentleman. Elle jeta un regard plutôt méprisant sur son reflet dans le rétroviseur, elle était bien loin de ses rêves d'enfant.

-Ca suffit Parker, reprend-toi ! Parker venait de crier dans sa voiture.

Elle s'arrêta sur le bas côté et marcha un peu dans les bois qui longeaient la route. Elle avança jusqu'à une petite clairière qui surplombait la ville de Blue Cove. Elle s'assit par terre et contempla la cité. Elle aperçut au loin ce sinistre complexe pour lequel elle était une esclave dévouée. Elle eut envie de vomir à cette pensée. Ce lieu lui avait tout pris : sa mère, son enfance, son père, le premier homme qu'elle eut vraiment aimé et maintenant.... Les paroles de Jarod lui revinrent en mémoire " j'ai toujours su qu'il y avait plus entre nous que je fuis et tu me chasses ". Que savait-il de ses sentiments ? Elle ferma les yeux. Il avait toujours perçu à la perfection ses sentiments, il la connaissait mieux qu'elle ne se connaissait elle-même. C'est ce qui l'énervait le plus... et qui à la fois la rassurait. Pourquoi pensait-elle si souvent à lui ces temps-ci ? Pourquoi se sentait-elle si seule à présent ? Elle enferma son visage dans ses mains. Elle avait passé toute sa vie à le traquer afin de le ramener au centre. Pour quelles raisons ? Ils avaient été amis pourtant. Ses pensées s'arrêtèrent lorsqu'un chiffon se ferma sur sa bouche et qu'un bras s'enroula autour de sa taille. Surprise au début, elle reprit rapidement le dessus et tenta de se dégager de cette emprise. Mais le chloroforme qui imbibait le chiffon lui fit perdre connaissance. L'homme la porta sur son épaule et la déposa à l'arrière de son véhicule. Il lui attacha les mains et les pieds, plaça un bâillon sur sa bouche et ferma la porte arrière. L'homme s'installa au volant, et le van démarra.


Broots s'acharnait sur le téléphone. Cela faisait bien un quart d'heure qu'il tentait de joindre Mademoiselle Parker sans succès. Il se dirigea vers le bureau de Sydney afin de lui faire part de ses inquiétudes.

- Sydney, Mr Raines m'a demandé de dire à Mademoiselle Parker qu'il voulait lui parler d'une affaire urgente concernant les nouvelles directions du centre. Or cela fait presque vingt minutes que je tente de la joindre. Mais elle ne répond pas.

- Vous avez essayé de la localiser grâce à son portable ?

- Oui mais il semble qu'elle n'est pas enclenchée le traceur de son portable qui m'aurait permis de trianguler sa position.

- Essayer les capteurs des voitures.

- Entendu Sydney.

- Et tenez-moi au courant. Venait de dire le psychiatre à l'attention de son compère alors que celui-ci quittait la pièce.

 

Chapitre 7

Parker se réveilla difficilement. Son corps totalement engourdi semblait comme englué dans une cuve de béton. La douleur lancinante de ses poignets et de ses chevilles finit de la réveiller. Elle regarda tout autour d'elle et tenta de réunir ses pensées afin de se souvenir de ce qui lui était arrivé. Elle observa sa posture. Elle était assise enchaînée sur un lit par les poignets et les chevilles. Elle remarqua qu'elle n'avait pas les vêtements qu'elle portait ce matin, elle était vêtue d'une longue tunique blanche sans manche qui lui arrivait mi-cuisse. Cette tenue ressemblait aux tenues de sacrifice que l'on pouvait voir dans les films d'horreur.

- Ah bravo ! Il manquait plus que ça.

Elle se mit à hurler.

- Eh ! y'a quelqu'un. Eh ! Je suis là ! Aidez-moi.

Elle entendit des bruits de pas derrière la porte. Un bruit de clefs dans la serrure lui fit comprendre que son geôlier s'apprêtait à entrer.

Un homme de taille moyenne entra. Il portait une cagoule qui lui cachait la totalité du visage. Seuls ses yeux étaient visibles, deux yeux vert perlés de paillettes d'or qui lui conféraient une puissance terrifiante. Parker sentait son cour s'emballait lorsqu'elle croisa son regard.

- Hello princesse, enfin réveillée !

- Non je suis somnambule... Qu'est ce que je fous ici ? demanda-t-elle avec colère.

- Tut tut tut... Ce n'est pas très jolie de tels mots dans une si belle bouche.

Il effleura ses lèvres avec ses doigts, ce qui eut pour effet de rendre Parker folle de rage.

- Bas les pattes espèce de rat puant.

- NE M'APPELLE PLUS JAMAIS COMME CA TU M'ENTEND !!

Il venait de hurler et se précipita sur elle. Il la regardait droit dans les yeux, une fureur bestiale dans le regard. Il répéta beaucoup plus lentement et en murmurant " Ne m'appelles plus jamais comme ça ou tu le regretteras "

- Ah oui et qu'est-ce que tu vas me faire ?

Il alla chercher un sceau d'eau et le vida sur Parker. Puis il se dirigea vers une mallette située dans un coin de la pièce. Il en sortit une espèce de pieu métallique qu'il fixa à un câble électrique. Lorsqu'elle comprit ce qui se préparait, elle serra les dents, son rythme cardiaque s'accéléra. Le bourreau s'approcha d'elle et plaqua la lame contre ses jambes. La décharge fut si violente que Parker se raidit, elle ne cria pas, elle ne voulait pas lui donnait ce plaisir. Il renouvela l'expérience en extirpant un léger cri à Parker mais celle-ci ne s'avoua pas vaincue. Et elle lui dit :

- C'est tout ce que tu as dans le ventre ?

Piqué au vif, le tortionnaire voulu agir de nouveau mais une voix retentit derrière lui.

- Non Paul ! Arrête ! pas encore, son tour viendra.

Le dénommé Paul cessa net et se dirigea vers le second individu. Ce dernier aussi portait une cagoule et semblait avoir un ascendant très fort sur Paul. Ils quittèrent tous les deux la pièce.

Parker attendit quelques secondes puis desserra les dents. Ses yeux s'embrumèrent de larmes et elle sanglota, elle avait si mal ! Puis elle se ressaisit. Non ils ne la feraient pas craquer, elle en avait trop vu pour craquer maintenant.

 

Chapitre 8

Jarod se trouvait dans le bureau d'Ana. Les deux agents étudiaient attentivement la carte de la région. La surface entourée au feutre rouge était constituée de pics, de falaises, de gorges plus ou moins profondes. Tout ceci recouvert par une végétation dense. Impossible de construire une quelconque habitation la dedans.

- Bien, je vous remercie. Venait de dire Jude avant qu'il ne raccroche. Et bien la direction départementale de l'équipements affirme qu'il n'y a aucune construction habitable dans cette région. Le terrain est impraticable.

- En revanche, cette montagne est constituée de centaines de grottes d'excavations de toute sorte... une parfaite cachette. Ajouta Jarod.

Les trois agents contemplèrent la carte avec colère et peur à la fois. Ils ne pourraient jamais visiter toutes ses grottes sauf... en 6 mois. Et ils n'avaient pas ce temps.

Soudain, Crane arriva en courant dans leur bureau.

- On vient de recevoir un message du Shadow... enfin des shadows. Dit-il.

Les autres le suivirent dans la salle de conférence. Le directeur adjoint tendit le message à Jarod. Celui-ci le lut à haute voix.

- Alors les Sherlock, on avance dans les recherches ! En attendant de me trouver, visitez le nouveau site branché le shadow.com, vous pourrez y voir ma nouvelle déesse. Bye bye.

Après avoir posé le bout de papier, Jarod prit l'ordinateur portable et se connecta sur le web. Lorsqu'il eut trouvé le site en question, tous s'approchèrent de l'écran. La première image qui apparut à l'écran fut un chronomètre indiquant 47h58min35secondes. Puis le plan s'élargit. La salle qui se dévoila sous leurs yeux était plutôt large mais de plafond bas. Elle était sombre, aucune ouverture, seule une ampoule et quelques bougies l'éclairaient. Jarod et les autres observaient avec attention chaque détail de cette pièce. Au fond, une femme était attachée sur un lit par quatre liens aux chevilles et aux poignets. Jarod était intrigué, il lui semblait connaître la silhouette de la jeune femme. Son image était trop lointaine pour être nette, puis elle se fit de plus en plus précise grâce au zoom de la caméra. Le regard de Jarod se figea d'horreur.

La jeune femme pleurait. Ses cheveux noirs partaient en arrière, la tête posée contre le mur. Elle levait les yeux au ciel et pleurait. Elle tentait de retenir ses sanglots en se mordant les lèvres. Elle semblait terrorisée. Jarod ne pouvait le croire, son cour se serra... c'était Parker. Une voix retentit du haut-parleur de l'ordinateur. " Mes très chers agents, il ne vous reste plus que 47h56min et 20 secondes avant que vous ne trouviez son cadavre alors à bientôt. Oh ! j'oubliais vous pourrez suivre toute sa détention sur ce site. "

Jarod donna un violent coup de poing sur la table, se leva d'un bond, renversant sa chaise et faisait les cent pas dans la pièce en se frottant le visage.

Crane brisa le silence qui régnait dans la pièce.

- En tout cas on peut dire qu'il a bon goût, elle est canon, j'en ferais bien mon quatre heure.

A ces mots, Jarod fonça sur lui avec rage et saisit le col de sa chemise tout en le plaquant contre le mur.

- Refaîtes une seule de vos stupides remarques sur elle et je vous tue sur l'instant, vous m'avez bien compris Crane.

Jude attrapa le bras de Jarod afin de lui faire lâcher prise et l'entraîna dans la pièce voisine. Jarod ne voulait pas lui parler, du moins pas maintenant. Il ne dit pas un mot et quitta le bâtiment. Jude resta quelque peu interloqué. Il comprenait que Jarod soit en colère après les remarques stupides que Crane avait dites mais sa réaction fut bien trop violente. " Il doit y avoir quelque chose d'autres " Pensa-t-il.


Jarod se dirigea vers son appartement. Il ne pouvait croire ce qu'il venait de voir. Aussitôt arrivé, il composa le numéro de Sydney sur son portable.

- Sydney à l'appareil.

- C'est moi. Savez-vous où se trouve mademoiselle Parker ?

- Jarod ?... Euh, non. Elle a quitté précipitamment le centre il y a quatre heures de cela maintenant.

- Et vous savez où elle est allée ?

- Je n'en sais rien Broots a essayé de la contacter il y a une heure mais son portable ne répond pas. Il tente de localiser sa voiture... Que se passe-t-il Jarod ?

- Je ne peux rien vous dire Sydney mais dès que Broots localise sa voiture, envoyez-moi l'adresse.

- Entendu Jarod mais...

- N'en parlez pas au centre, faîtes comme si elle était partie se reposer quelques jours.

- Mais...

- S'il vous plait, Sydney, faîtes moi confiance, c'est très sérieux... Je sais que vous vous inquiétez, vous tenez beaucoup à elle, mais faîtes moi confiance, je ne risquerai jamais sa vie... et dans cette histoire avoir les nettoyeurs sur le dos ne m'aidera pas.

- Très bien Jarod je ferai comme tu l'entends.

- Merci Sydney.

Et il coupa la communication.

Jarod tourna en rond quelques minutes dans son appartement se demandant comment faire pour retrouver Parker en vie. Puis il se rassit à son bureau et compulsa à nouveau tout le dossier, quelque chose lui avait sûrement échappé, et il devait trouver quoi... si jamais il arrivait quoique ce soit à Parker, il ne s'en remettrait jamais.

Il travailla toute la journée et une bonne partie de la nuit. Il était exténué mais il ne parvenait toujours pas à trouver la faille chez les Shadows. L'esprit embrouillé par des centaines de pensées différentes, il se leva violemment de sa chaise, il avait envie d'hurler. Jamais encore il n'avait eu autant de difficulté sur une affaire... et jamais les enjeux n'avaient été si important. Il décida de se brancher à nouveau sur le site.


Parker était toujours dans la même position. Elle semblait avoir froid. Sa lèvre inférieure tremblait. Cela faisait maintenant 12 heures qu'elle était retenue prisonnière. Soudain un des deux hommes apparut dans la pièce. Jarod se pencha plus près de l'écran comme pour mieux voir.

 

Chapitre 9

L'homme s'approcha de Parker. Celle-ci fixa le regard de celui qu'elle avait reconnu comme étant Paul. Il commença par lui caresser la joue. Par un mouvement de tête, elle lui fit comprendre que ce geste la dégoûtait.

- Tu n'as vraiment peur de rien, ma princesse. Dit Paul en renouvelant la caresse.

- En tout cas sûrement pas de vous. Répondit Parker.

- On verra si tu continues à ne pas me craindre. Tu ferais mieux de m'obéir... Il rapprocha son visage du sien. Sinon, tu le regretteras amèrement.

Et il l'embrassa. Parker tenta de se défaire de cette emprise et finit par lui mordre la lèvre.

- Argh !! Espèce de garce tu m'as mordu !

Il la gifla .

- Mais tu es très perspicace dis-moi. Tu te crois invincible. C'est si simple de profiter d'une femme qui est attachée. Détache-moi et prouve moi que tu es plus fort que moi.

Paul le regarda un instant. Il avait été blessé dans son amour propre.

- D'accord ma belle si c'est un corps à corps que tu veux...

Il détacha un à un ses liens. Parker sourit intérieurement, elle allait enfin pouvoir se défendre. Aussitôt debout, elle lui décocha un violent crochet du droit qui le fit tomber à terre. Elle se précipita vers la sortie. Mais Paul la saisit à la cheville et elle perdit l'équilibre. Elle heurta le sol lui ouvrant l'arcade sourcilière qui se mit aussitôt à saigner. Il se rua vers elle. Elle le repoussa d'un violent coup de pied.


Jarod regarda la scène avec attention. Allez, vas-y montre lui de quoi tu es capable ! Il serra ses poings comme si il était prêt à frapper lui aussi sur le geôlier.


Elle se releva d'un bon et tenta de nouveau d'ouvrir la porte. Il la suivit et la saisit par la taille, elle attrapa un téléphone sur le mur et frappa son agresseur avec le combiné. Celui-ci tomba à la renverse, inanimé. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir, le shadow père entra et lui planta une aiguille dans l'épaule. Elle tituba et tomba à genoux.

- Qu'est-ce que vous m'avez fait ? Demanda-t-elle.

- Quoi ? Ah, tu veux parler de cette piqûre. Tu verras assez vite.

Parker, dont la vue se troublait, le fixa un instant.

- Cette voix... se dit-elle... cette... voix....

Elle tomba inconsciente sur le sol.


Jarod, devant son écran, serra les dents. Elle était si proche. Tout à coup, le chronomètre apparut de nouveau sur l'écran. Il indiquait 21h58min47secondes. Il devait trouver où elle était retenue. Soudain il entendit : Vous avez un message. Il consulta sa messagerie et lut.

Jarod . Broots a réussi à localiser sa voiture. Elle est située le long d'une route de campagne, la départementale 117, à environ 80 kilomètres du centre ville en direction du nord. Tiens nous au courant, cela fait maintenant plus de 24 heures que l'on n'a plus aucune nouvelle d'elle, et nous sommes très inquiets. Sois prudent.
Sydney

- Merci Sydney.

Jarod prit quelques affaires et se dirigea vers son bureau, il allait avoir besoin de l'aide de ses collègues.

 

Chapitre 10

Parker se réveilla péniblement. Sa tête était lourde et une douleur lancinante lui enserrait la poitrine. Sa vision était trouble, fiévreuse. Ses voix, celles qui la guidaient, avaient changées, leurs propos étaient violents... sa mère lui parlait, lui disait qu'elle était faible, lâche, qu'elle avait honte d'elle.

- Maman, non, ne dis pas ça... Dit-elle dans un murmure.

Toujours attachées par ses liens aux barreaux du lit, elle se débattait intérieurement, tentant désespérément de chasser ses voix de sa tête. Sa tête lui faisait si mal !


Il était 9h30. Arrivé devant le bâtiment du FBI, Jarod se dirigea vers le bureau d'Ana. Là, il y trouva Jude, Ana et l'agent Crane.

- On a une piste ! S'écria-t-il en pénétrant dans la pièce. Un de mes indic m'a signalé la présence de la voiture de la victime sur la départementale 117 à 80 kms au nord de la ville.

- Comment.... ? Demanda Crane.

- Peu importe...Allons voir !

Ils prirent tous la direction du Nord. Arrivés sur les lieux, ils inspectèrent le véhicule et ses alentours. Les experts médico-légaux ne relevèrent aucune empreinte, aucune fibre mise à part celles de la victime. Jarod commençait à désespérer. Il regarda sa montre. Plus que 19h et 25 minutes. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Jude s'approcha de lui et lui posa une main amicale sur l'épaule.

- Je sais ce que vous devais ressentir Jarod. Mais ne vous inquiétez pas, on va la retrouver.

- Vous ne pouvez pas savoir ce que je ressens.

- Je crois que si. Vous connaissez cette femme n'est-ce pas ?

Jarod baissa la tête.

- Je pense même que vous la connaissez mieux que quiconque sur terre.

Jarod porta son regard sur les autres agents. Une fois de plus Jude le devança dans ses pensées.

- Soyez tranquille, ils n'ont pas mon intuition. Dit-il dans un sourire. Et je ne leur dirai rien.

- Merci Jude.

- Vous voulez me parler d'elle.

- Nous avons grandi ensemble. Un peu comme vous et Ana. Sauf, que le temps... et les évènements de la vie nous ont peu à peu éloignés, géographiquement je veux dire, ainsi que... professionnellement.

Il venait d'ajouter ces derniers mots avec un soupçon de nostalgie. La savoir en chasse lui manquait. Il aurait préféré la voir le poursuivre à travers tout le pays que la savoir seule, quelque part, entre les mains d'un malade. Il poursuivit.

- Nous avons tout de même garder le contact et récemment nous nous sommes légèrement rapprochés.

- Vous l'aimez ?

Au moment précis où il allait répondre, une voix retentit.

- On a quelque chose !

Jarod et Jude se précipitèrent.

- Des traces de pneus ! Ce sont des pneus tout terrain. Faîtes moi des photos de ces traces et mesurez-les. Venait de demander Ana.

- Là regardez, il y a de la peinture sur ce morceau de bois ainsi que sur le sol.

- Bien vu Crane. Répondit Jarod comme pour s'excuser de son comportement de la veille. Prélevez des échantillon de cette peinture.

Jarod regarda autour de lui et murmura, comme une promesse, je t'aurai shadow.

 

Chapitre 11

J'ai honte de toi ! Tu es lâche, une moins que rien !

Les voix reprenaient leurs incessantes injures. Parker transpirait, elle avait chaud, elle voyait flou. Et cette douleur, cette douleur !! elle entendit des pas résonnaient au loin. Il revenait, elle le savait. Il s'approcha d'elle, s'assit sur le rebord du lit et approcha son visage du sien. Elle sut à son odeur qu'il ne s'agissait pas de Paul.

- Alors, ma belle, comment te sens-tu ? Oh, tu as mal peut-être ! c'est vraiment dommage, une si douce créature.

- Laisse moi tranquille.

Sa voix était lasse.

- Tu devrais me remercier au contraire, tu sais Paul était très déçu de ton comportement de l'autre jour. J'ai eu beaucoup de mal à le persuader de ne pas te tuer tu sais.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- A toi rien. Murmura-t-il. Je ne fais que t'utiliser. Lui chuchota-t-il à l'oreille.

- Quoi !

Cette voix elle était sure de la connaître. Elle allait répondre quand elle sentit la présence d'une seconde personne dans la pièce.

- Paul, comment vas-tu ? Tu tombes bien, la dame avait envie de s'amuser.

Puis il saisit Parker par le menton et l'embrassa violemment. Elle le repoussa comme elle put. Puis dans un murmure, il ajouta : " Jarod a vraiment un goût très sûr ". Puis, il quitta la pièce. Bien que fatiguée, elle reconnut cette voix.

- Tu étais mort. Soupira-t-elle. Tu étais mort.


Au même moment, Jarod, Ana et Jude se trouvaient dans le bureau de ce dernier. Ils attendaient les résultats du labo sur l'analyse des échantillons de peinture et les marques de pneu. Ils étaient connectés sur le site du shadow et observaient depuis quelques minutes ce qui se déroulait dans la cellule.

Jarod observait Parker avec attention et faillit bondir sur l' écran lorsqu'il vit l'un des deux hommes l'embrasser.

Le second venait de s'approcher d'elle. Il avait une barre métallique à la main. Jarod sut immédiatement ce qu'il allait faire. Il l'appliqua sur le corps de Parker. Celle-ci reçut une décharge électrique lui procurant une douleur immense, telle qu'elle n'avait jamais ressentie.

- Alors ma belle, qui est le plus fort ?

- Va te faire voir salaupard ! Cria Parker entre ses dents.

Jarod fusilla des yeux le bourreau. " Tais-toi Parker " supplia-t-il " Pour une fois dans ta vie, ranges ta fierté dans ta poche "

Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes lorsque Paul réitéra son agression. Parker sentit que quelqu'un l'observait. Son regard se porta en direction de la caméra. Ses yeux suppliaient.

- On dirait qu'elle regarde vers nous ! Venait de dire Ana.

Jarod se concentra à nouveau sur l'écran. Elle avait raison Parker semblait réellement les regarder eux.

- Laisse-la tranquille ! S'écria Jarod à la vue d'une nouvelle attaque. Cette fois-ci, ils en eurent la confirmation.

Comme si elle l'avait entendue Parker se tourna vers la caméra. Cette fois-ci, elle était sûr, et elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait que quelqu'un la regardait et pas n'importe qui... il s'agissait de Jarod. Il pouvait la voir elle en était convaincue. Alors elle regroupa ses dernières forces et hurla en direction de la caméra.

- JAROD ! AIDE-MOI ! Ahhhhhhhh !

Paul venait d'augmenter l'intensité du courant électrique. Elle sentait à présent une brûlure au niveau de la cuisse gauche. Et elle était à présent à bout de souffle. Comme si elle s'endormait, elle ferma les yeux, se laissa tomber dans l'inconscience et murmura " Jarod, viens me chercher ". La fièvre qui la tenait depuis des heures ne faisait que s'accroître.


Lorsque elle entendit Parker prononcer le nom de Jarod, Ana le regarda incrédule.

- oui, Ana. Je la connais.

- Comment...

- C'est une longue histoire, mais je vous en supplie ne dîtes rien à Perkins. Il m'empêcherait de rester sur l'affaire.

- Mais vous êtes émotionnellement impliqué Jarod, cela peut altérer votre jugement.

- Ana, s'il te plait, ne dit rien. Mets-toi à sa place.

Ana regarda Jude un instant. Si elle était à sa place, elle réagirait de la même façon.

Elle acquiesça d'un signe de tête. Elle ne dirait rien. Tout à coup, Crane fit irruption dans le bureau.

- On tient le shadow fils !!

 

Chapitre 12

Les 5 agents roulaient en direction du domicile d'un certain Paul John Moore, âgé de 32 ans, célibataire. Il était le fruit d'un viol collectif que sa mère, alors adolescente, avait subi. Traumatisée par cet événement, cette dernière s'était donnée la mort. Il fut  élevé par sa grand-mère qui , durant toute sa vie, l'avait maltraité. Cette dernière avait mystérieusement disparu quelques années auparavant.

L'identité du shadow avait été retrouvée grâce à l'étude minutieuse des échantillons prélevés près de la voiture de Parker. L'analyse des marques de pneus avait révélé qu'elles appartenaient à un véhicule lourd type van ou camionnette. La largeur des pneus et le type de rainures indiquaient qu'il s'agissait de roue tout terrain utilisé principalement par l'armée. Le rapport indiquait que la peinture retrouvée était d'un type rare. Seule les voitures construites entre 1995 et 1996 possèdaient ce type de peinture. En effet, elle renferme un composant unique qui, quelques années plus tard, avait été retiré de la composition car il avait un pouvoir corrosif à long terme. Il n'avait pas fallu longtemps aux agents pour retrouver la trace des derniers propriétaires de van et de camionnette noire, datant de 1995 ou 1996. Un certain Paul John Moore était apparu sur les fichiers. Il avait fait son service militaire en tant que comptable et une fois le service finit, avait été embauchait dans une des grandes firmes de Blue Cove. Son travail a mi-temps lui permettait d'être libre à tout moment.

Dès que son nom était apparu sur les écrans, Jarod eut l'intime conviction qu'il s'agissait de leur homme.

Ils installèrent une surveillance près de chez lui ainsi que sur son lieu de travail. Ils avaient vérifié son emploi du temps. Il embauchait à 13h, il ne restait plus que 12 heures avant qu'ils ne la tuent.

Il était 12h15, lorsqu'il revint chez lui. A peine avait-il ouvert la porte qu'une équipe d'agent, Jarod en tête, ne l'arrêtent.

- Paul John Moore ?

- Oui.

- Je vous arrête pour meurtre et kidnapping. Venait de dire Jarod en lui passant les menottes.


Une demi-heure plus tard, Paul était interrogé dans les bureaux du FBI.

- Où est-elle ? Cria Jarod.

Paul eut un rire sarcastique.

- Je ne sais pas ce que vous voulez dire. De qui parlez-vous ?

- Je parle de cette femme !

Jarod lui indiqua l'écran de l'ordinateur portable.

- ELLE !

- Vous ne la trouverez jamais !

- Alors vous admettez que vous la connaissez.

- Bien sûr. D'ailleurs, je dois vous dire que je la connais même très bien. Si tu savais comme sa peau est douce...

- Salopard, dis-moi où il la garde, DIS LE MOI !! s'écria Jarod en se ruant sur Paul.

- Jarod ! Lâchez-le ! Jude tenta de faire lâcher prise à Jarod. Et l'emmena hors de la pièce.

- Vous ne la trouverez pas à temps agent spécial Baxter... il va la tuer. Ajouta Paul au moment où Jarod quittait la pièce.

L'interrogatoire dura encore plus d'une demi-heure. Paul avait avoué les 4 précédents meurtres sans le moindre remord.

Dans le bureau de Jude, Jarod faisait les cents pas.

- Il ne nous dira rien ! S'emporta Jarod. Il va garder ça pour lui ! Il vénère celui qu'il considère comme son mentor il préfère mourir plutôt que de le trahir.

Il s'approcha de l'ordinateur et se connecta au site. Parker semblait dans un demi-sommeil agité. Elle murmurait des paroles incompréhensibles. Elle semblait se battre contre des fantômes. Tout à coup, elle hurla. Un cri de terreur qui glassa le sang de Jarod. Il se sentait impuissant.

L'agent Crane entra dans la pièce.

- Cette enflure ne nous dira rien. Il veut à tout prix protéger son général.

Jarod se retourna précipitamment.

- Qu'avez-vous dit ?

- Qu'il veut protéger son Général. Me demandez pas pourquoi il appelle ce dingue mon Général, c'est sûrement du à son passé de militaire.

Jarod quitta la pièce en courant manquant de renverser Ana sur son passage.

- Jarod, où allez-vous ?

Mais ce dernier ne lui répondit pas et quitta le building.

Arrivé à son appartement, Jarod se précipita sur son ordinateur portable et se connecta au service de l'armée des états unis. Il compulsa tous les dossiers comportant une référence à une éventuelle base souterraine construite près de Blue Cove. Après quelques heures de recherche, Il trouva. Une base secrète de l'armée de terre avait été construite dans la montagne. Il s'agissait d'une base de recherche génétique chargée de l'élaboration d'armes biologiques dans les années 50. Ce projet ayant été officiellement abandonné en 1958, la base était désormais déserte. Une cachette parfaite.

- Je te tiens shadow.

 

Chapitre 13

Jarod prit son arme et des chargeurs, la carte de la base qu'il avait réussi à pirater et,après un dernier regard à l'écran de l'ordinateur, prit la route. Sur le chemin, son portable sonna.

- Jarod, c'est Ana. Où êtes-vous ?

- J'ai trouvé où il la détenait.

- Où...Comment ?

- Grâce à Crane. Il m'a fait remarqué que Moore était militaire. Alors je me suis dit que si aucune construction officielle n'avait été possible sur cette montagne, alors peut-être que des constructions officieuses avaient pu voir le jour. Et quelle autre administration élabore des centres de recherches secrets, si ce n'est l'armée. J'ai donc pirater les dossiers de l'armée et y est découvert qu 'une base avait été construite sous la montagne dans les années 80.

- Bien, et où êtes- vous à présent ?

- Je suis à 10 minutes de l'entrée Ouest de cette base, je vais y aller.

- Négatif, vous attendez que l'on se pointe.

- Ana, il ne nous reste plus que 35 minutes avant qu'il ne la tue.

- Jarod, je suis l'agent responsable de cette enquête et vous êtes sur ma juridiction. Alors, vous obéissez !

- Je regrette Ana. Je ne suis pas un agent fédéral. Et je dois la sauver. L'entrée de la base se trouve à 120 kms au nord de la nationale 117.  A droite, vous trouverez un chemin de terre, prenez-le. Au bout d'une quinzaine de kilomètres vous trouverez l'entrée. Merci Ana.

- Jarod, ne raccroch...

Jarod éteignit son portable et se gara le long de la montagne au milieu de laquelle un sas muni d'une porte se détachait. Il pénétra à l'intérieure.


Il avançait doucement engageant en premier son arme dans les différents couloirs qui constituaient la structure. Il sortit la carte de sa poche et l'éclaira de sa lampe torche. Grâce au plan de la bâtisse, Jarod n'eut aucun mal à trouver la salle de surveillance principale, là où étaient regroupées toutes les vidéos surveillance de la base.

Arrivé dans la salle, il repéra les différentes images provenant des multiples caméras dispersées dans toutes les salles et tous les couloirs. Enfin, il aperçu celle de Parker. Elle se trouvait au niveau 2 de la base, dans une des cellules d'expérimentation génétique.

Prudemment, il l'a rejoignit.


Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il stoppa net. Elle était immobile, sa robe était tachée de sang au niveau de sa cuisse, là où Paul l'avait brûlé.

Après un coup d'oil rapide autour de la pièce, il se précipita vers elle. Son regard trahissait son inquiétude. Elle semblait si faible. Il rangea son arme et la prit dans ses bras.

- Ca va aller maintenant, je te le promets. Lui murmura-t-il en lui embrassant le front.

- Jarod... dit-elle dans un soupir. Puis elle sombra dans l'inconscience.

Au moment où il allait quitter la pièce, un homme se présenta dans l'embrasure de la porte armé d'un revolver.

- Tiens, tiens tiens. Le sauveur du monde est là. J'aurais cru que tu serais arrivé plus tôt, Jarod.

- Alex !

- Et oui, je suis beaucoup plus coriace que tu ne le crois.

- Laisse-moi passer, elle a besoin de soins médicaux urgents.

- Tu ne crois pas si bien dire. Tu vois... il déambulait dans la pièce. J'ai administré à ton amie un virus de mon invention. Son action est assez particulière mais le résultat n'en est pas moins intéressant. Son principe d'action est le suivant. Il affaiblit tout d'abord l'organisme en maintenant une température constant proche de 40°C. Une fois l'organisme suffisamment faible, c'est son pouvoir hallucinogène très puissant qui prend le relais, ce qui vraisemblablement a des conséquences fâcheuses quand on a un sixième sens particulièrement développé.

- Pourquoi elle ?

- Mais parce qu'elle est ce qu'il y a de plus important à tes yeux Jarod.

- Alors pourquoi cette mascarade, pourquoi avoir tué ces autres femmes, elles n'avaient rien avoir avec nous.

- Non, c'est vrai, mais elles ont réellement pimenté l'histoire, non ?

- Tu es malade... Bon, maintenant que tu m'as... Il déposa Parker à terre... Sauve-la elle. Tu n'as plus besoin d'elle, je suis là.

- C'est une remarque pertinente, mais avant de te tuer, je veux tuer ton âme, tout comme la mienne est morte lorsqu'on m'a confié au triumvirat.

Jarod regarda une dernière fois le visage de Parker. Elle avait l'air de souffrir tellement.

- Qu'est-ce que tu attends de moi ?

- Que tu souffres tout comme j'ai souffert. Et pour commencer tu vas perdre celle que tu aimes. Il ne lui reste plus que 30 minutes à vivre... sauf... si on lui injecte cet antidote avant.

Alex sortit une seringue de sa poche. Jarod tenta de s'approcher pour la récupérer mais Alex pointa de nouveau son arme sur lui. Un sourire pincé se dessinait sur ses lèvres.

- Ca doit être frustrant d'être si proche et de ne rien pouvoir faire, n'est-ce pas Jarod ?

Tout à coup, Parker se mit à convulser ce qui eut pour effet de perturber Alex qui détourna son regard de Jarod pendant une fraction de seconde. Ce dernier en profita pour sortir son arme. Ils étaient maintenant face à face, chacun des deux menaçant l'autre avec son arme.

- Tu n'auras jamais le courage de tirer, Jarod. Tu n'as jamais été capable de blesser volontairement un être humain.

Jarod serrait les dents. Il hésitait. Il n'avait jamais aimé les armes et ne les avaient que très rarement utilisées. Ses yeux se posèrent de nouveau sur la jeune femme. Elle ne devait pas mourir, elle méritait de vivre, d'être heureuse. Il repensa à cet instant magique, où elle jouait du piano chez elle et où elle semblait en paix... Il se devait de la sauver. Pour elle...Pour lui... Pour eux... Jamais il ne supporterait de la perdre. Sa décision était prise. Son regard se porta de nouveau sur son agresseur.

- Ton plan comporte une faille, Alex. Celui-ci le regarda intrigué. Tu as raison, elle est mon point faible, mais paradoxalement, elle est aussi mon point fort.

Une détonation retentit. Avant même d'avoir pu intégrer cette dernière phrase, Alex ressentit une vive douleur à l'épaule droite. Son arme venait de toucher le sol. Dans sa main gauche, la précieuse fiole était toujours présente. Alex tomba à genoux. Il fixait, abasourdi, Jarod des yeux. Puis, il se souvint de la fiole et la laissa tomber. Jarod se jeta au sol et la saisit avant qu'elle ne touche le sol.


Jarod prit soin d'attacher Alex à un barreau du lit avec ses menottes après avoir vérifié qu'il n'avait plus aucune arme sur lui. Puis il se dirigea de nouveau vers Parker et lui fit l'injection salvatrice. Il enleva son manteau et le plaça sous la tête de la jeune femme. Il lui caressa doucement le front, un léger sourire sur les lèvres. Puis, comme de coutume, il alla soigner Alex.

- Pourquoi t'occupes-tu de moi ? Je l'aurais réellement tuée.

- Je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas un meurtrier.

Il prit de nouveau Parker dans ses bras et se dirigea vers la voiture après avoir laissé Alex attaché, bailloné avec une note sur la poitrine sur laquelle les agents, qui arrivèrent une heure et demi plus tard, purent lire :

Voici votre Shadow, vous trouverez certaines cassettes vidéo dans la salle de surveillance. Désolé de partir comme ça mais je vous remercie de m'avoir fait confiance. Elle va bien. Merci Jarod.


Ana et Jude sourirent en lisant ces mots. Qui était-il vraiment ?

 

Chapitre 14

Ana et Jude arrivèrent dans une petite maison de banlieue, blanche avec des volets verts. Ils sonnèrent à la porte. Un homme, que Jarod , caché à l'angle de la rue, connaissait, leur ouvrit la porte. Il était suivi par un petit garçon. Il s'agissait de Simon et Andrew Garret. Lorsque les deux agents annoncèrent l'arrestation des deux shadow, Andrew fondit en larmes. Le petit Simon qui depuis la mort de sa mère n'avait prononcé aucun mot, prit son père dans ses bras et lui dit tout doucement.

- On va s'en sortir tu verras.

Il avait réussi. Simon renouait avec la réalité. Jarod quitta la ruelle, monta en voiture et se dirigea vers le cimetière. Il déposa sur la pierre tombale de Cynthia Garret un magnifique bouquet de lys accompagné d'une carte sur laquelle on pouvait lire : Reposez en paix et veillez sur eux.


Il quitta le cimetière et roula jusqu'à un bed and breakfast tenu par une Dame et sa petite fille. C'était une immense maison entourée de forêt et de prairies. A sa droite se trouvait une écurie dans lequel deux magnifiques pur-sangs arabes se reposaient. Il pénétra dans la chambre 42. Il y trouva Parker allongée. Elle dormait paisiblement. L'antidote avait fait son effet, la fièvre avait diminuée. Mais il ne savait pas qu'elles avaient été les répercussions de ce virus sur son état psychique. Il ne pourrait le savoir que lorsqu'elle se réveillerait. Il replaça le drap sur elle, la contempla quelques instants puis saisit son portable.

- Allo ?

- Sydney c'est moi.

- Jarod, tu...

- Elle va bien, elle est avec moi. Alex l'avait enlevée. Il lui a inoculé une sorte de virus. Ses jours ne sont plus en danger mais elle est toujours inconsciente.

- Mais, comment ... ?

- C'est une longue histoire. Elle va rester quelques temps avec moi. Continuez de dire au centre qu'elle est en vacances.

- Je ferai ce que tu me diras Jarod. Tiens moi au courant.

- Bien entendu... Sydney, merci.

- Merci à toi de l'avoir sauvée

Sur ces mots il raccrocha. Jarod s'installa sur le fauteuil près du lit et tenta de dormir un peu.


Pendant ce temps, dans le bureau de Sydney, Broots fit une irruption fracassante.

- Vous ne devinerez jamais ce que j'ai découvert...

A suivre dans Le Shadow II - Pour Toi

 

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