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Je vous préviens tout de suite : je ne peux, ni ne veux, dire ici tout ce qu'il y aurait à dire sur The Pretender. Cette série magnifique mérite à elle seule un livre ntier, tant sa thématique est riche, sa construction époustouflante, sa réalisation et son interprétation virtuoses. En quatre saisons seulement, ses auteurs, deux jeunes scénaristes du nom de Steven Long Mitchell et Craig Van Sickle, ont élaboré le feuilleton d'aventures le plus passionnant qu'ont ait produit à ce jour. Car The Pretender est bel et bien un feuilleton, au sens le plus littéraire du terme : une histoire à suivre, construite sous forme de livraisons hebdomadaires et dont les éléments font sens par leur accumulation progressive jusqu'à la révélation finale. Bref : un fabuleux puzzle.
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The Pretender est bien le meilleur feuilleton d'aventures qu'on ait jamais écrit et produit pour le petit écran. Ses jeux de miroirs sont vertigineux, et sa suite harmonieuse de variations sur un thème imposé est remarquable. Tout calembour mis à part, sa structure est celle d'une fugue, au sens musical du terme. Riche en suspens et en surprises, c'est aussi l'une des séries les lus drôles et les plus chaleureuses qui soient. Elle n'hésite pas à parler des fléaux de l'humanité - la guerre, la misère, les massacres, la famine, le racisme, la pollution - mais c'est aussi une variation sur les figures parentales et une parabole sur la fraternité.
L'interprétation, éptatante, accentue toutes les caractéristiques que j'ai énumérées. Michael T. Weiss est formidable en Jarod : il sait tout faire passer sur son visage, de l'innocence la plus désarmante à la violence la plus sombre, en passant par une ironie réjouissante. Sa conviction, son élégance et son aptitude à jour sur tous les régistres évoquent le jeune Cary Grant de Only Angels Have Wings. Tantôt glaciale, tantôt émouvante, Andrea Parker n'est pas moins étonnante dans le double rôle de "Miss Parker" et de sa mère, Catherine. Quant au Major Charles, dont tout le monde parle mais qui n'apparaît que dans deux épisodes, le choix de son interprète est génial, tant il est riche en liens intertextuels : George Lazenby fut en 1969 un excellent 007 dans On Her Majesty's Secret Service, la plus noire des aventures de James Bond.
"The
Pretender ou l'art de la fugue", in Les Miroirs de la vie, par
Martin Winckler (Le Passage, 2002)
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