| Il était une fois...
par In The Moonlight
Le Caméléon
Il était une fois... par In The Moonlight [Reviews - 6]
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Il était une fois, sur les rives désertes d’un lointain océan, une citadelle abritant de funestes expérimentations. Jadis, disait-on, les buts de son maître étaient louables et altruistes, mais avec le temps, celui-ci avait consolidé son pouvoir en l’asseyant sur la terreur, le mensonge et la dissimulation. Et les habitants de l’intérieur des terres prétendaient que depuis, on entendait parfois monter des entrailles de l’imposante bâtisse, au plus sombre de la nuit comme au point le plus lumineux du jour, des pleurs d’enfants, des hurlements d’angoisse, des râles d’agonie. Les plus hardis osaient évoquer en catimini la jolie dame en rose et blanc qui, des années plus tôt, était entrée dans la forteresse et que l’on n’avait jamais vu en ressortir.
Ils appelaient la forteresse, le Centre, et la dame se prénommait Catherine, dit la Vieille Dame.
Catherine était aussi belle que douce, aussi tendre que courageuse. Elle avait épousé le maître du Centre, M. Parker, avant que ne débutent les sinistres pratiques et les sombres complots qui se tramaient dans les si nombreux niveaux sous-terrain de l’institution et, de la minute où elle en eut connaissance, elle n’eut de cesse de les déjouer. Ainsi découvrit-elle les expériences que menait le laquais de son époux, l’homme qui refusait de mourir, sur des enfants nantis de dons fort particuliers; elle en avait dénombré sept, et elle avait forgé le dessein de les faire sortir des murs de la citadelle puis de s’enfuir en emmenant avec elle sa petite fille.
Mlle Parker.
Mais, avant que d’avoir pu mettre ses projets à exécution, Catherine mourut; mélancolique et malade, disait-on, elle se suicida dans l’ascenseur menant à la Tour, dans laquelle siégeait le conseil du Centre.
En réalité, elle fut assassinée.
- Par l’homme qui refusait de mourir? demandant l’Enfant.
L’homme qui refusait de mourir - ou bien en était-il incapable? Car seuls les vivants peuvent trépasser, les morts-vivants, les chimères, les zombies, sont des êtres d’un autre monde sur lesquels les contingences matérielles n’ont point de prise.
M. Raines.
Le maître du Centre fut éploré par la mort de Catherine, ou tout du moins le parut-il; et pour leur petit fille, l’univers s’assombrit un peu plus. Elle fut condamnée à une enfance solitaire et atypique, ne sortant des salles de classe que pour rejoindre les couloirs glacés du Centre. Une des rares lueurs de son existence était constituée par un des enfants du Centre, à qui elle avait été présentée dans le cadre des expériences auxquelles son père avait permis qu’elle participât.
Jarod.
Jarod vivait dans les profondeurs de la citadelle depuis plusieurs années déjà et, sous la houlette de Sydney, son mentor, il travaillait chaque jour à développer ses dons et à les mettre au service du Centre. Il se noua entre les deux enfants une amitié née autant d’une solitude réciproque que d’une réelle affinité, et leur relation, au grand déplaisir de M. Parker, échappa bien vite à ceux qui l’avait initiée. Tant et si bien que dès qu’elle eut atteint un âge raisonnable, Mlle Parker fut envoyée poursuivre ses études loin du Centre. A l’éloigner ainsi de son influence et de sa surveillance, le maître des lieux prenait un risque, mais un risque moins important que de la voir grandir près de l’enfant du Centre, un risque bien moins important que de voir l’enfant du Centre grandir près d’elle.
Pourquoi ces enfants étaient-ils amenés au Centre?
Parce qu’il existe des caméléons, parmi nous. Des êtres doués d’un intelligence supra-normale, des génies qui possèdent entre autres la faculté d’assumer n’importe quelle identité et de se fondre dans n’importe quel milieu. Il y a fort longtemps de cela, les chercheurs d’une entreprise appelée Le Centre mirent en isolement un de ces êtres, un jeune garçon nommé Jarod, et exploitèrent son génie pour des recherches secrètes.
Mais un jour le Caméléon leur échappa....
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